Du bon, du très bon… mais les blancs ont gâché la fête

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Après la course annulée, hier, samedi, Le Grau du Roi pouvait enfin fêter les camarguaises. Et c’est vrai que ça aurait pu être une grande fête sans la démission incompréhensible des raseteurs.

La fête d’abord par le plus qu’ajoute toujours Daniel Siméon à ses spectacles, la fête car le soleil enfin revenu, la fête surtout car le lot de taureaux choisis se révélera excellent. Mais la fête ne prendra pas la dimension qu’elle aurait du avoir à cause d’une équipe de raseteurs qui n’a pas voulu ou su se hisser à la hauteur de l’événement.

Les cocardiers étaient si décidés que nous avons pu voir tout de même de très belles actions, et on mesure alors ce que l’on aurait pu voir si seulement quelques blancs avaient  honoré leur contrat. Seul Auzolle est sans reproche de ce point de vue. Certes, la manière n’y est pas toujours mais ce fut le seul à se battre d’un bout à l’autre. Il y eu Lafare que les envolées de Jivago calmèrent pour le reste de la course, il y eu Bruschet, l’espace de Casanova, ou encore Benafitou, le temps d’Estreloun, les autres : Ouffe, Oleskevich, Poujol, Faure et Outarka furent très intermittents et en tous cas absents lors des difficultés (Poujol et Bruschet se retirent avant la fin).

Quant aux cocardiers, tous avaient de quoi faire de cette course, un moment fort de la saison.

S’il faut en citer, nous le ferons avec Estreloun et Méthode, mais les autres n’étaient pas loin derrière. Gastaboi de Guillerme étant blessé, il sera remplacé par Miasset du même élevage et par Absolut de Ricard. Nous avons donc eu droit à huit taureaux.

Jivago (Blatière-Bessac)
Il s’arrête rarement, ne se donne pas franchement sur les droitiers, mais à gauche c’est canon…et ce n’est pas J Lafare qui dira le contraire, lui qui s’est fait coincer sur les grilles du premier rang. A trois reprises, il s’envole prodigieusement. Sans être trop inquiété il conserve sa seconde ficelle et aurait mérité les honneurs au retour.

Alésien (Briaux)
Compte tenu de son âge, il compense par son métier. Il se tient à la planche, parfois un peu trop, use d’un sacré coup de tête au contact, mais nous servira quelques belles anticipations  à gauche et une grandiose enfermée sur Outarka. Il conserve ses glands.

Casanova (La Salierenne)
Un peu trop mobile, mais sérieux, attentif, vaillant, il aura la chance de trouver en R. Bruschet l’adversaire qu’il lui fallait. Romain lui servira des rasets d’une grande pureté lui donnant toutes ses chances. Il conserve sa seconde ficelle.

Estreloun (Caillan)
Avec lui, la difficulté grimpe sérieusement. Avec un placement à toutes épreuves, il donne le tempo en allant crocheter le pantalon d’Auzolle à hauteur des grilles. C’est là que la course va basculer dans l’insuffisance de travail. Auzolle à droite et A. Benafitou à gauche ont essayé  et permis de belles finitions, mais ce fut bien insuffisant pour capter tout ce qu’Estreloun avait à donner aujourd’hui. Il rentre donc ses ficelles  sans avoir pu combattre réellement.

Absolut (Ricard)
Méchant, très dangereux à la barrière, il impose crainte et tergiversation aux hommes. Sa mobilité ne facilite pas l’approche et va donc souffrir d’un manque criant de travail. Il perd son second gland à la limite.

Garlaban (Ricard)
C’est le même que le précédent et lui sera encore moins travaillé. Pourquoi ? Certes dangereux à la barrière, mais tout de même….Il rentre tout.

Miasset (Guillerme)
Brave, sans aucun vice, non finisseur, il n’en fallait pas plus pour que ceux qui étrangement absent jusque là se jettent sur lui sans ménagement. Lui mettra tout son cœur et sa bravoure avec brio durant ses dix minutes de piste, il rentre sa seconde ficelle.

Méthode (Blatière-Bessac)
Hors points lui aussi, il va aujourd’hui confirmer sa belle prestation lors du Muguet d’Or.
D’abord par une intelligente tenue de piste, n’hésitant pas à traverser l’arène pour aller se placer en face. Il va surtout se signaler par ses finitions où il met puissance et danger avec des cornes toujours pointées vers son adversaire. Il cognera encore et encore, y laissant des dents, fracassant des planches, basculant aussi bien en contre piste qu’en piste. Bouche et flancs en sang il rentre au terme d’une très prometteuse prestation et après avoir séduit les trois quart d’arène de spectateurs qui debout,  lui ont servi une copieuse ovation.

   Emile Grande

 
   
 
 
 
 
 
 
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A propos de l'auteur :

Guy Roca