Le Tridbull récompense un jeune mordu de bouvine

  • Jérémy Reboul aux côtés de Raymond Quérel, coordonateur du Tridbull

Gagnant du Tridbull à Sommières le 20 juin dernier, lors du 20ème anniversaire du club taurin Lou Carmen, Jérémy Reboul, s’est vu remettre récemment ses récompenses, chez lui, à Vergèze en présence de ses parents. Son père, Vincent Reboul, également passionné par le monde de la Camargue et les traditions taurines, déploie ses talents de peintre paysagiste et animalier en dehors de ses activités professionnelles chez Perrier.
Cette rencontre nous a donné l’occasion de faire connaissance avec une famille aféciouna et d’interroger Jérémy sur sa vision de la course camarguaise.

 

Jérémy et son père, Vincent Reboul avec Raymond Quérel

Dix-sept ans tout juste, étudiant en terminale scientifique au lycée de Milhaud, ce jeune fan de bouvine a attrapé le virus de l’aficion dès son plus jeune âge.

Mes parents m’ont amené voir ma première course quand j’étais petit. Je devais avoir trois ou quatre ans. Je me souviens, c’était à Aigues-Vives, un soir, pour une course de taureaux neufs. Comme j’avais aimé, petit à petit nous avons pris le chemin des arènes et maintenant, nous y allons tout le temps.

Ainsi chaque année, Jérémy Reboul, du mois de mars au mois d’octobre assiste à une quarantaine de courses camarguaises. Des courses du Trophée des As, essentiellement.
Comment expliquer cet engouement ?

L’affrontement entre le taureau et l’homme apporte une dimension émotionnelle à ce sport unique. J’aime quand le taureau se déplace, se positionne à bon escient et quand les hommes l’aident à s’exprimer, quand ils mettent en valeur son intelligence, sa combativité. C’est alors un spectacle magnifique, surtout quand les raseteurs le font de manière positive.

Quel type de taureau apprécies-tu en particulier ?

Au début, j’aimais bien les barricadiers, parce qu’ils donnent du spectacle mais au fur  et à mesure que je deviens amateur, passionné et connaisseur, j’apprécie davantage les taureaux plus cocardiers. Les taureaux qui se placent, qui anticipent apportent plus de danger pour les hommes qui doivent calculer et préparer leur raset. Ça créée une tension, une montée d’adrénaline communicative qui fait vibrer les gradins.

Au cours des cinq dernières années quel est le taureau qui t’a le plus marqué ?

Franchement, Garlan, sans hésitation possible. Quand un raseteur partait, on ne savait jamais s’il allait arriver au bout, le danger était constant ainsi que l’émotion. Ce n’est pas pour rien qu’il a gagné trois fois le Bioù d’Or.

Et, chez les hommes, quel style de raseteur préfères-tu ?

J’aime les raseteurs qui sont toujours dans le taureau, les grands compétiteurs qui prennent des risques pour enlever des attributs. Pour ne citer qu’eux, Joachim Cadenas ou Youssef Zekraoui avec leurs beaux et audacieux rasets réveillent le public et procurent de l’émotion.

D’une manière générale, selon toi, qu’est-ce qui pourrait être amélioré dans la course camarguaise afin de la rendre plus attractive ?

Déjà, il faudrait un peu la moderniser. Ce n’est pas parce qu’elle s’inscrit dans la tradition qu’elle ne doit pas évoluer.

Des suggestions ?

Tout d’abord, une meilleure information du public. Si on veut attirer un nouveau public, les jeunes, les néo-languedociens, les néo-provençaux, les touristes, il faut qu’on puisse intéresser les spectateurs au déroulement de la course et à la compétition. Les grandes arènes pourraient se doter de panneaux lumineux, sur lesquels on indiquerait le nom du taureau, de la manade, les temps de course et les attributs levés.

Ne serait-il pas possible également de mettre en place une tarification spécifique (demi-tarif) pour les jeunes et les étudiants ?

Voilà au moins deux dispositions qui ne bouleverseraient pas le monde et qui iraient dans le sens de la modernisation et de l’ouverture.

 

 

Prochain rendez-vous du TRIDbull :

Dimanche 19 août à Vauvert
à l’occasion de la Finale du Trophée Camargue Médical

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