Bouvine : Aurélie et Aude Raynaud, la relève et la transmission

Vendredi 9 novembre, le fidèle public du centre du Scamandre a littéralement craqué pour Aude et Aurélie Raynaud venues présenter leur livre « Des gardians en Camargue ».

 

 

A l’origine de l’ouvrage, une conférence sur la manade Raynaud à Saint-Côme et Maruéjols en 2012, au cours de laquelle leur grand-père, Marcel, leur grand-oncle, Jean et leur père, Frédéric, ont raconté des anecdotes, des histoires vécues qui ont captivé l’intérêt des nombreuses personnes présentes ce soir-là.

Ces souvenirs tantôt drôles, tantôt émouvants ont tellement plu aux gens, qu’Aude et Aurélie, les jeunes manadières du Grand Radeau, ont décidé de les garder en mémoire afin qu’ils ne s’effacent pas dans le temps et puissent témoigner de l’évolution du métier de gardian, de l’élevage en Camargue.

« Dans un premier temps, nous les avons enregistrés pour avoir leur voix, leurs émotions, leur ressenti. Ensuite, nous avons voulu retranscrire ces petits récits afin de mieux les conserver. Notre idée au départ, c’était de faire un livre pour nous, pour la famille ; Pour justement pouvoir transmettre ces histoires aux générations futures. Mais lorsque nous avons commencé à en parler autour de nous, beaucoup nous ont dit : on aimerait bien le lire, ce doit être intéressant de connaître la vie des gardians avant… »

 

 

Alors effectivement, pourquoi ne pas ouvrir le livre aux gens, le faire partager ?

« La décision n’a pas été facile à prendre parce que ce sont des histoires assez intimes, des histoires de notre famille. Il y en a quelques unes assez rigolotes, d’ailleurs. Du coup, c’était un peu compliqué d’ouvrir ce livre aux gens parce qu’on fait connaître des histoires qui relèvent de notre intimité. C’est nous, notre famille, notre âme, mais nous l’avons fait avec beaucoup de plaisir. Ça nous a quand même pris cinq ans… ou plutôt cinq hivers, parce que l’été avec les courses camarguaises, c’est un peu compliqué…
Donc, cinq hivers consacrés à la réécriture des textes, aux corrections… Nous tenons particulièrement à remercier notre mère, institutrice, qui nous a bien aidées dans cet exercice. Elle nous a sauvées, heureusement qu’elle était là ». 

Sur l’écran, les images retraçant les 110 ans d’histoire de la manade Raynaud continuent de défiler. Aude et Aurélie les commentent avec sincérité, spontanéité et forte conviction. On ne voit pas passer l’heure. Et comme à Saint-Côme et Maruéjols, six ans auparavant, le public du Scamandre applaudit et en redemande.

À quand la suite ? Les « passeuses de mémoire » veulent un peu souffler, mais dans quelques temps… pourquoi pas.

 

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A propos de l'auteur :

Guy Roca