Encore une « Belle journée du Scamandre »

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En ce samedi de printemps pluvieux, une fois encore, la magie du Scamandre a joué pour remplir la salle avec les inconditionnels du lieu. Nos poètes régionaux avaient décidé de célébrer la nouvelle saison en cet endroit tout indiqué pour faire entendre leur propre voix, et nous dire leurs poèmes. Le thème en était nos marais et autres lieux de notre région, et même  jusqu’en Méditerranée.

Cette manifestation était un partenariat avec la librairie La Fontaine aux Livres à Vauvert. C’est toujours à Serge Colombaud, responsable des animations du Scamandre, que nous devons la parfaite organisation de cette belle journée. Au fil des ans, il a su doser les diverses cultures de notre région pour le plus grand plaisir de tous. Michel Ducourtioux, notre libraire, était chargé de la présentation des différents participants. Il en  a même assuré – involontairement – la partie humoristique grâce (ou à cause…) de ses démêlés avec un micro récalcitrant..!

 

Michel Ducourtioux, en maître de cérémonie.
Lui aussi a pris part aux lectures avec un poème d’Alain Jullien, absent :
Ode à la Camargue.Dans le hall d’entrée, Gérard, le second libraire, nous a proposé des ouvrages ou des recueils de poésie, réalisés pour la plupart par les divers participants.

 

Du dialogue dans le Delta aux voix du Marais…

Alain Laborieux a  convié l’assistance à un voyage à Alexandrie.
On pouvait admirer les tableaux de Robert Faure exposés dans cette salle.
Quant à Michel Falguière, il nous a poétiquement  rappelé quelques traits de l’histoire Aigues-Mortaise.

Toujours face à son micro, Michel Ducourtioux, présente Delphine Jaillot, comédienne, pour une lecture à deux voix avec Michel Falguière.

 

De la poésie, encore, mais en chanson, Gaël  Hemery, créateur du Groupe Ventadis, nous a offert des poèmes de Baroncelli ou José d’Arbaud en langue Provençale.

 

Méditerranéennes, le magnifique ouvrage illustré par Robert Faure (Un des tableaux…) sur des poèmes d’Alain Laborieux.

Le groupe des participants, avec, en premier plan à droite, Olivier Calleriza dont le diaporama, sur des textes de Michel Falguière, a conclu cette très belle journée. Derrière Olivier, Patrick Bonton, Conseiller général, Président du Syndicat Mixte de la Camargue Gardoise. Serge Rivage  (Le 3ème en partant de la gauche) poète codognanais, a eu l’honneur d’ouvrir  la séance des lectures avec, lui aussi, un poème de sa composition.

Nous clôturerons ce reportage en images avec une personnalité, dont le nom seul, évoquera quelques souvenirs à bon nombre de nos concitoyens Vauverdois. Il s’agit de Jacques Guigou, fils du Docteur Emile Guigou, qui a tant donné à Vauvert, de son passage à la Mairie à la fondation de la société d’histoire qui fait toujours autorité aujourd’hui.

Jacques Guigou, universitaire, professeur émérite à la faculté Paul Valéry, à Montpellier, sociologue,  a créé les éditions de l’Impliqué et la revue Temps critiques.

Depuis les années 1970, il écrit, comme il le dit : ‘’ce qu’il espère être de la poésie’’. C’est  avant de participer à ces lectures, que nous avons eu le plaisir de le rencontrer.

Jacques Guigou, quelle est la raison de votre participation à ce Printemps des Poètes 2013 au Centre du Scamandre ?

JC – J’ai été invité par Serge Colombaud et les amis qui participent à ce récital. J’ai été invité encore une fois, en quelque sorte, puisque j’avais proposé il y a quatre ans, en 2009, une première édition de lecture de poésie à l’occasion du Printemps des Poètes. En mars 2009, j’avais donc fait cette lecture avec un ami poète, Stéphane Bertrand, lui aussi Gardois. C’est pour moi une deuxième édition et je me réjouis d’y participer au centre du Scamandre.

Vous êtes toujours édité chez l’Harmattan, quel est le dernier ouvrage paru ?

JC – Je suis édité chez l’Harmattan dans la collection Poètes de Cinq Continents, qui est la principale collection de poésie qui compte maintenant plus de 600 titres.
Depuis 18 ans maintenant, j’ai une dizaine de recueils publiés dans cette collection.
Le dernier ouvrage s’appelle « Augure du Grau », le précédent s’intitulait « La Mer Presque ». Vous voyez, qu’avec ces titres, pour moi, il s’agit de célébrer nos paysages, notre contrée et notamment ses rivages. J’écris de la poésie entre Montpellier, où j’habite et Le Grau du Roi où je me rends.

Donc, le Scamandre est le lieu tout indiqué pour ce Printemps des Poètes. Est-ce que la poésie est en perte de vitesse ou simplement dans un creux de vague ?

JC – Je ne dirais pas un creux de vague mais plutôt dans une phase ascendante parce qu’elle  se diversifie dans ses supports. Il y a un développement intéressant et créatif de la poésie orale. La poésie est certes écrite et l’écriture de la poésie est difficile,  donc, l’écriture est une épreuve ; mais elle est écrite pour être dite et pour être partagée par des groupes humains, par des individus assemblés. De ce point de vue, la poésie orale se développe.  Il n’y a qu’a voir les succès des festivals ; dans l’Hérault nous en avons deux, celui de Lodève et celui de Sète auquel je participe depuis trois années.

C’est-à-dire que nous en sommes à l’ère de la poésie parlée, et  c’est grâce à la parole que les écrits vont rester ?

JC – Oui, on pourrait le dire comme ça. Les écrits sont là, le moment de lecture individuelle de la poésie sur le livre subsiste, il n’a pas disparu. Il est important aussi que la poésie soit dite, soit prononcée dans une parole qui est sa propre parole,  puisque la poésie c’est de la parole sur le vif. La parole vive, avec la présence des mots, de la pensée aussi. La poésie,  n’est pas de la philosophie, mais il y a aussi de la pensée dans la poésie, mais elle est autre chose. C’est la transcription d’un vécu. C’est une connaissance sensible, une connaissance du monde, des éléments. Il y a l’immersion dans la nature, mais aussi de l’immersion dans la société humaine avec toutes les émotions, les sensibilités, les conflits… tout cela en fait partie.

La poésie est-elle votre principale activité littéraire ?

JC – J’ai aussi un autre versant de mon écriture qui est le versant d’écriture de recherche dans les sciences humaines et sociales. J’ai fait des recherches dans la formation professionnelle et plus généralement l’analyse des aliénations de la société contemporaine, mais aussi des aspirations.
Je suis sociologue à la base, donc  j’ai des écrits de sociologie. Je  maintiens bien séparées ces deux écritures sans essayer d’en faire une combinaison.

Encore un grand merci à tous, mais la Fête continue, puisque vous retrouverez tous ces recueils de poésie, et bien d’autres encore à

 

La Fontaine aux Livres
2 Rue Gambetta (Face à l’église)
Vauvert

 

Entretiens, textes, photos : Edmond Lanfranchi

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A propos de l'auteur :

Guy Roca