Au fil du temps en Petite Camargue : La Source Perrier, des origines à nos jours

La source primitive, appelée d’abord source ou mare des Bouillens, est née il y a 120 millions d’années lorsque le gaz d’origine volcanique s’est mêlé à l’eau souterraine en traversant les failles géologiques.

Cette eau provient du ruissellement des garrigues calcaires qui filtrent l’eau et l’amène à proximité de Vergèze sous une couche d’argile qui la protège.

Cette eau répond à toutes les conditions qui définissent une eau minérale.
La légende dit qu’Hannibal se serait désaltéré à cette source lors de sa grande marche vers Rome en 218 av.J.C. Les Romains eux même ont construit des thermes à cet endroit en 58 av.J.C.

La mare a toujours été libre d’accès, et tous les étés, les habitants des villages environnants se rendaient aux Bouillens pour profiter de cette eau gazeuse qui  savait combattre, disait-t-on, les maladies de peau et les rhumatismes.

L’aventure moderne de la source débute le 23 Juin 1863 lorsque Napoléon III reconnaît la source comme eau minérale naturelle et autorise son exploitation par son propriétaire, Alphonse Granier, un notable de Calvisson, qui crée la société de l’établissement thermal des eaux minérales de Vergèze et construit un hôtel des bains en 1870.

En 1898, le docteur gardois Louis Eugène Perrier achète la source, y installe un centre thermal et y invente les techniques pour capturer séparément l’eau et le gaz et les mélanger à nouveau ensuite.
Manquant d’argent pour développer l’entreprise, il fait affaire en 1903 avec un jeune et riche anglais, Sir John Harmsworth, qui crée la Compagnie de la Source Perrier en 1906 et invente par la même occasion la forme de la fameuse bouteille en s’inspirant du modèle des massues indiennes qu’il utilisait pour sa rééducation.

Puis, le thermalisme prend fin et la société s’oriente désormais vers la production d’eau de boisson.

C’est à Perrier que sera crée vers 1910 le premier groupe d’embouteillage mécanisé de France.

C’est le marché anglais et ses colonies qui assurent tout d’abord le développement de la source. Chaque année 7 millions de bouteilles sont expédiées par un raccordement ferroviaire direct à la gare de Vergèze.

Une anecdote de Luc Massol : dans l’immédiat après guerre de 14-18, le charroi des caisses de bouteilles était effectué vers la gare  marchandises de Vergèze par voiture hippomobile (Mr Albert Guigue), ou par camion (de Fernand Massol).

Le nombre d’employés passe de 10 en 1904, 80 en 1906 (dont la moitié de femmes), à 300 en 1914, puis 400 dans les années 20.

La société construit même dans les années 1910 une  verrerie à Aigues-Mortes destinée à fabriquer avec du matériel de pointe et du verre de qualité les fameuses bouteilles.

En 1928, la source est définitivement couverte sous une vaste salle voûtée et on aménage les abords de l’hôtel des bains, dit « le château », avec jardin à la française, plans d’eau et pergolas.

En 1933 , la source est reconnue d’intérêt public et conquiert le marché français. Elle produit alors 20 millions de bouteilles cette année-là.

Un changement important intervient en 1948 quand la source Perrier sort du giron britannique et devient entièrement Française grâce à Gustave Leven et un groupe d’actionnaires qui en prennent le contrôle et vont parvenir à faire décoller la production qui passera à 150 millions de bouteilles au début des années 50.

Ancien cheminot, Luc Massol nous dit qu’avant la suppression de l’embranchement ferroviaire particulier de l’usine à la gare de Vergèze, l’expédition journalière était d’un train complet, et même de deux en période estivale.

Cet embranchement est actuellement en cours de remise en service, dans un souci de diminuer les rejets de gaz à effet de serre.

Un autre changement intervient en 1955 lorsque la société crée le soda Pschitt qui sera vite à la mode et emportera un grand succès dont le slogan au début est : « Pour vous cher ange, Pschitt orange, et pour moi, garçon, Pschitt citron ».

La verrerie attenante à la source, est crée en 1973, puis Nestlé prends les rênes de la société en 1992.

Aujourd’hui , l’entreprise emploie 1 000 salariés et produit 1,5 milliards de bouteilles par an, et il se boit 2,4 millions de bouteille par jour dans le monde.

 Alain Bronnert et l’équipe « Au fil du temps en Petite Camargue »

Sources : Perrier, c’est nous de Nicolas Marty (Editions de l’Atelier) et Perrier Nestlé, histoire d’une absorption de Irène Favier (Editions de l’Atelier)
Remerciements à Jean-Pierre Runel, ancien responsable du CE et du syndicat CGT

 

 

Si l’eau pétillante qui surgit aux Bouillens est un véritable don de la nature, la Source Perrier reste avant tout une grande aventure humaine à laquelle vous êtes nombreux à avoir participé.

Ensemble, nous allons évoquer l’histoire des femmes et des hommes qui ont fait Perrier. Pour cela, n’hésitez pas à nous contacter et à nous faire partager vos témoignages, souvenirs, anecdotes, documents, photos :

vauvert.plus@gmail.com 

06 23 78 33 95
06 51 23 34 97
04 66 80 33 42

 

La construction de la verrerie du Languedoc

 

Perrier, une marque planétaire

 

 

Perrier, c’est fou !

Le slogan du publiciste Jean Davray mis en image par Bernard Villemot  

 

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