Perrier : une histoire d’hommes et de femmes

Les ouvriers du début du siècle dernier ne connaissaient pratiquement pas l’industrie car la région de Vergèze était rurale et les ouvriers que recrutait Perrier étaient pour la plupart des journaliers travaillant dans la viticulture, l’oléiculture et l’agriculture.

A la fin du 20ème siècle, Vergèze connait un fort développement des activités de la viticulture et compte alors 23 entreprises de tonnellerie et 26 négociants en vin. C’est un travail très saisonnier et très exposé aux crises que connait alors la viticulture dans tout le midi.

Comme on l’a vu précédemment, le nombre d’ouvriers recrutés par l’usine des Bouillens passe de 10 en 1904 puis 80 en 1906 pour arriver à 250 en 1910, dont la moitié de femmes, qui trouvent là une alternative au travail d’employées de maison qui leur était habituellement dévolu.

Ces ouvriers, qui travaillaient alors 10 heures par jour, venaient à cette période principalement de Vergèze et Codognan, avant que l’aire de recrutement ne s’étende aux cantons de Sommières et de Vauvert.

C’est en 1936 que nait le syndicat CGT de l’entreprise, avec 236 adhérents sur 280 salariés.

En 1948, Perrier change de dimension.

A la Libération, la famille de John Harmsworth, le riche anglais qui avait lancé Perrier, met l’entreprise en vente. Gustave Leven, fils d’un agent de change de Paris, décide avec quelques amis de reprendre le paquet d’actions que son père l’avait chargé de vendre. Dans la foulée, il introduit l’entreprise en Bourse, entreprend un vaste plan de modernisation et lance des campagnes de publicité qui ont un grand impact.

En 1948, l’usine s’agrandit avec la construction d’un grand bâtiment, nommé P1 et toujours en service, puis une deuxième unité d’embouteillage, P2, est construite en 1972 en même temps que la verrerie du Languedoc, attenante.

Une nouvelle unité de production ultramoderne, P3 , construite entre 1986 et 1989, permet de franchir, en 1988, le seuil du milliard de bouteilles produites par le site de Vergèze.

 

 

Mais suite à l’affaire du benzène, en Février 1990, la production va baisser entre 600 et 800 millions de bouteilles, puis remontera lentement, pour atteindre 1 milliard en 1988 et 1,5 milliards aujourd’hui. L’eau de la Source Perrier qui appartient maintenant au groupe Nestlé est exportée dans plus de 110 pays.

Quant au personnel, il passera à 400 après la guerre de 39-45, atteindra 1 400 en 1967, passera le cap des 2 000 en 1985 pour atteindre son Maximum de 2 900 en 1989.

Avec le personnel de la verrerie VDL, le total dépassera 3 500 salariés permanents en 1989.

A la même période, les 3 communes de Nîmes, Vauvert et Vergèze fournissent 41% des salariés de l’ entreprise.

Perrier emploie aujourd’hui environ 1 000 personnes et reste une entreprise majeure du bassin d’emploi du Gard, et une entreprise fortement ancrée affectivement dans la population du sud  du Gard.

 

Perrier, aujourd’hui – Image stellite Google Earth – Mai 2017

 

Alain Bronnert et l’équipe « Au fil du temps en Petite Camargue » ont réalisé la deuxième partie de cette présentation de la Source Perrier.

En octobre, Vauvert + Petite Camargue proposera une série de témoignages de salariés et de retraités de l’entreprise.

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